Décrivez vos antécédents et votre expérience dans l’industrie, et expliquez comment ils vous aideront à contribuer au conseil d’administration de la SOCAN?
Récipiendaire de plusieurs prix de la SOCAN, dans la catégorie « musique de télévision », Laurent Guardo œuvre dans ce domaine depuis plus de 30 ans.
Ses principales réalisations sont pour la Société Radio-Canada, ainsi que pour RDI. Pendant plusieurs années, il a signé pratiquement toutes les musiques des émissions d’information de ces deux chaînes.
Dans le domaine de la chanson, il a composé et réalisé la musique de trois albums, interprétés par Daniel Lavoie. Il signe également les textes du premier : « La Licorne Captive ».
Après quelques années aux conseils de la SODRAC et de la SPACQ, où il a beaucoup appris, il a le désir de continuer à mettre le fruit de son expérience au service de l’ensemble des créatrices et créateurs qui travaillent dans son domaine, dans le but d’améliorer les conditions d’exploitation des œuvres et les perceptions de droits d’auteur. Son expérience concrète et pratique dans le domaine de la musique à l’image et de la chanson, fait de lui votre fervent défenseur.
À votre avis, quelles seront les questions les plus importantes pour les membres de la SOCAN au cours des trois prochaines années ?
Pour permettre aux créateurs/créatrices de vivre de leur art, les défis ne manquent pas. Il est important de trouver des solutions nouvelles pour que les plateformes de musique en ligne puissent générer des revenus décents à celles et ceux qui créent le contenu. Il faut que nos solutions soient réalistes, intelligentes, et attrayantes. Un lobbying est essentiel pour pousser ces plateformes à revoir les algorithmes de répartitions, et aussi pour ajouter la possibilité aux utilisateurs d’acheter les œuvres en téléchargement. Entre trois millièmes de sous et dix sous, nous parlons d’un rapport de 3 000. Donc, le « streaming » a divisé nos revenus par au moins un facteur de 3000. Il est impératif de convaincre ces plateformes d’ajouter un bouton « buy it now » pour améliorer la situation de façon substantielle, ainsi que de revoir les algorithmes par utilisateur, pour des répartitions plus équitables. Il faut continuer à œuvrer pour que notre répertoire francophone trouve de nouveaux moyens de diffusions, pour qu’il retrouve ses lettres de noblesse. Évidemment, l’intelligence artificielle nous plonge dans une infinité de dilemmes et de problèmes sur lesquels il faut se pencher avec la plus grande attention, pour trouver des solutions concrètes pour éviter l’extinction de notre art.

