Décrivez vos antécédents et votre expérience dans l’industrie, et expliquez comment ils vous aideront à contribuer au conseil d’administration de la SOCAN?
Je suis un créateur de musique de longue date : auteur-compositeur, producteur et musicien. Depuis plus de vingt ans, j’ai bâti une carrière professionnelle en écrivant avec des artistes, en composant pour le cinéma et la télévision, et en produisant des albums. Comme bon nombre de mes pairs, mes moyens de subsistance ont été façonnés par les réalités créatives et commerciales de la création musicale, et je sais d’expérience ce qu’il faut pour maintenir une carrière dans l’écosystème en constante évolution d’aujourd’hui.
La SOCAN a été au cœur de ce parcours. Elle a représenté une véritable bouée de sauvetage pour moi et pour d’innombrables créateurs, et elle doit être préservée, protégée et renforcée. Je crois profondément à la gestion collective et au rôle essentiel de la SOCAN pour assurer une rémunération équitable des créateurs de musique pour leur travail.
Aujourd’hui, la valeur d’une chanson a été réduite à des fractions de cent, tandis que l’intelligence artificielle générative permet l’exploitation massive de la propriété intellectuelle à une échelle industrielle. Dans un tel contexte, les règles du jeu peuvent sembler défavorables aux créateurs.
Ce moment exige une gestion collective forte pour représenter les intérêts des créateurs, guidée par un leadership éclairé, fondé sur des principes et résolument engagé au sein du Conseil d’administration.
Parallèlement à ma carrière créative, j’ai acquis une vaste expérience en leadership, en gouvernance et en défense des intérêts. J’occupe le poste de président de l’Association des auteurs-compositeurs canadiens, après avoir siégé à son conseil d’administration. J’ai également été administrateur de la Fondation SOCAN, ce qui m’a permis d’approfondir ma compréhension de la gouvernance à but non lucratif, des responsabilités fiduciaires et de la surveillance financière.
À titre de défenseur des intérêts des créateurs, j’ai témoigné devant le CRTC et représenté des auteurs-compositeurs à l’international auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle sur des enjeux liés à la radiodiffusion, au droit d’auteur et à l’intelligence artificielle. Je suis déterminé à faire en sorte que la voix des créateurs soit entendue aux plus hauts niveaux.
En définitive, je suis animé par une profonde conviction envers le droit d’auteur, la gestion collective et le rôle fondamental des auteurs-compositeurs. J’apporte un jugement sûr, une grande curiosité et un véritable esprit de service, et je serais honoré de mettre ces qualités et ces perspectives au service de la SOCAN à titre d’administrateur.
À votre avis, quelles seront les questions les plus importantes pour les membres de la SOCAN au cours des trois prochaines années ?
Parmi les enjeux les plus importants pour les membres de la SOCAN au cours des trois prochaines années figurent une rémunération équitable, la protection et le renforcement du droit d’auteur et de la diversité culturelle dans un environnement numérique en évolution rapide, ainsi que la défense et l’élargissement de la gestion collective.
Dans l’économie actuelle de la diffusion en continu, la question d’une rémunération équitable pour les créateurs de musique est d’une importance cruciale. La négociation de taux justes, l’assurance d’une reddition de comptes exacte et de pratiques de données transparentes, ainsi que l’application des droits sur l’ensemble des plateformes (y compris les technologies nouvelles et émergentes) seront essentielles pour protéger et accroître les revenus des membres.
Tout aussi urgent est l’impact de l’intelligence artificielle générative. L’ingestion à grande échelle et sans licence d’œuvres musicales ainsi que la création de contenus dérivés concurrents menacent d’évincer les créateurs et d’affaiblir le droit d’auteur. La SOCAN doit continuer de plaider en faveur de cadres juridiques clairs et d’une rémunération significative afin de protéger les moyens de subsistance des auteurs-compositeurs.
De plus, les politiques en matière de radiodiffusion et de culture continueront d’influencer la création et la découvrabilité, ainsi que la diversité et la viabilité de la musique canadienne. Un engagement soutenu auprès du gouvernement et des organismes de réglementation sera essentiel pour maintenir un écosystème musical dynamique et équitable.
Enfin, la montée de l’octroi de licences directes et d’autres menaces à la gestion collective posera des défis existentiels. La protection de la valeur et de la pertinence de l’octroi de licences collectives demeure donc essentielle.

