Décrivez vos antécédents et votre expérience dans l’industrie, et expliquez comment ils vous aideront à contribuer au conseil d’administration de la SOCAN?
Avec plus de 25 ans d’expérience dans l’industrie canadienne de la musique, j’ai tracé mon propre parcours en défendant les artistes et les producteurs, tout en repoussant les limites afin de créer des occasions là où il n’en existait pas. Ma passion pour la musique et mon refus d’accepter le mot « non » ont nourri mon engagement à soutenir les laissés-pour-compte, tant sur scène qu’en dehors.
Aujourd’hui, je dirige ArtHaus, un incubateur créatif qui regroupe un label indépendant, une maison d’édition musicale, une société de gestion et un organisme éducatif à but non lucratif primé. Sous ma direction, les artistes ont cumulé plus d’un milliard d’écoutes en continu et obtenu plus de 50 nominations à des prix, notamment aux JUNO, aux Canadian Sync Awards, aux CFMA, aux ECMA et aux Canadian Screen Awards. Par l’entremise de l’organisme à but non lucratif ArtHaus Community, nous offrons des programmes éducatifs accessibles en partenariat avec des organisations telles que Live Nation, l’Allée des célébrités canadiennes, ADVANCE et Canada’s Music Incubator.
Au-delà d’ArtHaus, je siège au conseil d’administration de FACTOR et de la CIMA, tout en soutenant des initiatives créatives sur le terrain à l’échelle nationale. Mes contributions ont été reconnues par le Brian Chater Industry Award de la CIMA en 2018, le MMF Honour Roll Award, Billboard Canada — Women in Music, ainsi que par le Walt Grealis Special Achievement Award lors des JUNO 2026.
Ces expériences m’offrent une perspective complète que je souhaite mettre au service du conseil d’administration de la SOCAN. J’ai occupé tous les rôles autour de la table – en défendant les artistes, en dirigeant une entreprise et en veillant à des pratiques équitables au sein de l’industrie – toujours consciente de ce qui est en jeu pour toutes les parties. Je suis profondément attachée aux membres de la SOCAN et au maintien de la propriété intellectuelle au Canada. Ayant bâti et maintenu une entreprise dans une industrie en constante évolution, je comprends les défis à venir. J’ai bénéficié du travail de la SOCAN et je suis désireuse de contribuer à sa croissance et à son succès continus.
À votre avis, quelles seront les questions les plus importantes pour les membres de la SOCAN au cours des trois prochaines années ?
La montée en puissance d’entreprises financées par des capitaux privés qui attirent les membres au moyen de services de perception groupée de redevances et d’avances est un phénomène en cours depuis un certain temps. Toutefois, un changement récent a vu ces entreprises cibler activement des artistes indépendants à succès et des titulaires de catalogues de droits d’auteur qui comptaient depuis longtemps sur la SOCAN pour la représentation de leurs droits. Cela a créé plus d’options que jamais auparavant. Bien qu’il ne fasse aucun doute que la SOCAN est mieux outillée pour servir les artistes et les ayants droit que nombre de ces concurrents, maintenir cette position exigera une véritable stratégie et de l’innovation afin de communiquer efficacement la valeur de la SOCAN à ses membres.
Le projet de loi C-11 a instauré un nouveau cadre pour l’industrie canadienne de la musique qui continue d’évoluer et de faire l’objet de contestations devant les tribunaux. Quelle que soit l’issue, la SOCAN devra en surveiller de près les répercussions, qu’il s’agisse de la répartition des droits d’auteur canadiens ou des redevances qu’ils génèrent. Il sera essentiel de concilier les efforts de représentation et de lobbying aux plus hauts niveaux avec l’éducation de la direction de la SOCAN et de ses membres quant à ces changements en cours.
L’IA bouleverse déjà des notions bien établies en matière de propriété intellectuelle, de droit d’auteur, de dérivation et de titularité. Elle oblige l’industrie à se poser des questions difficiles, notamment quant à savoir qui détient réellement les droits lorsqu’une chanson générée par l’IA devient un succès. Les membres de la SOCAN couvrent un large éventail de positions, allant de ceux qui s’opposent fermement à l’IA à ceux qui l’adoptent pleinement comme l’avenir. La SOCAN a donc à la fois une réelle occasion et une responsabilité d’offrir des orientations et une valeur ajoutée, peu importe la position de ses membres, afin de les aider à naviguer dans un contexte technologique en évolution rapide qui remet en question le statu quo.

