Décrivez vos antécédents et votre expérience dans l’industrie, et expliquez comment ils vous aideront à contribuer au conseil d’administration de la SOCAN?
J’apporte 27 ans d’expérience en tant que Canadienne dans l’industrie de la musique, ayant commencé ma carrière professionnelle à l’âge de 11 ans au sein de mon premier groupe. Ce projet a évolué pour devenir Untamed, un projet qui a connu un succès radiophonique à l’échelle nationale en plus d’effectuer des tournées à travers le Canada et certaines régions des États-Unis et de signer un contrat avec CCA dont la distribution était assurée par Universal.
Notre album est sorti en 2001 et j’ai écrit la pièce-titre, « Go All Out », qui est devenue ma première chanson déclarée à la SOCAN, marquant ainsi le début de ma relation de longue date avec l’organisation.
Ces bases m’ont permis de bien comprendre le développement artistique, les droits et les réalités à long terme d’une carrière dans la musique.
Aujourd’hui, j’évolue en tant qu’artiste queer, autrice-compositrice, « topliner » et DJ active dans les univers de la pop, de l’électronique et de la synchro. Mon travail peut être entendu à la télévision, au cinéma, dans la publicité et les jeux vidéo, incluant des placements sur de grandes plateformes internationales et des collaborations avec des maisons d’édition, des agences de synchronisation et des sociétés de production de premier plan. J’exploite plusieurs projets actifs, notamment X. ARI (je m’apprête à lancer mon 12e EP), CHA$E 13 (avec un premier album de 13 titres), et FEMFREQ (en partenariat avec Sony/Superpop; un premier EP a déjà été lancé et un second est en postproduction).
Je suis activement engagée dans des écosystèmes de création musicale à l’échelle mondiale. Je propose des œuvres pour la K-pop et je crée de la musique sur mesure pour les jeux vidéo et la télévision par l’entremise de partenaires travaillant avec de grands studios, tout en conservant une forte perspective canadienne.
Vivre avec des enjeux de santé mentale a façonné mon travail et mon engagement. Je raconte mes histoires en musique pour contribuer à briser les stéréotypes stigmatisants, et je prolonge cette démarche par des prises de parole publiques et un engagement auprès d’organismes sans but lucratif qui soutiennent le bien-être des créateurs et créatrices.
Je vais contribuer au conseil de la SOCAN de trois façons :
- Une perspective centrée sur les créateurs et créatrices, ancrée dans une expérience concrète de multiples rôles au sein de l’écosystème musical, et éclairée par une compréhension intime de l’impact des redevances, des droits et de l’accès sur leur réalité professionnelle.
- La perspective d’une nouvelle génération éclairée par une expérience internationale et qui apporte un regard concret sur l’incidence des marchés, des partenariats et des tendances à l’échelle mondiale sur les créateurs et créatrices du Canada, le tout appuyé par une expérience au sein de conseils d’administration et d’instances consultatives à but non lucratif.
- Un engagement en matière de transparence, d’équité, de diversité et d’inclusion, appuyé par une défense active des créateurs et créatrices sous-représentés, notamment les communautés LGBTQ+ et les personnes vivant avec des enjeux de santé mentale.
À votre avis, quelles seront les questions les plus importantes pour les membres de la SOCAN au cours des trois prochaines années ?
Au cours des trois prochaines années, les membres de la SOCAN feront face à des bouleversements, mais aussi à de nouvelles opportunités. Permettre aux créatrices et créateurs d’écrire des chansons pour soutenir une carrière sans revenus d’appoint ni instabilité financière est essentiel. Les redevances de diffusion en continu continuent d’évoluer, et les transformations technologiques, notamment l’IA, créent à la fois des gains d’efficacité et des incertitudes en matière de licences et de droits d’auteur. Les créateurs et créatrices ont besoin d’accompagnement et de défense pour utiliser ces outils efficacement, plutôt que de les percevoir comme des menaces.
Une de ces opportunités sera l’élargissement des modèles de rémunération au-delà de l’édition traditionnelle et du partage des parts entre auteurs. Les producteurs et les artistes-interprètes reçoivent souvent la plus grande part des revenus, alors que le « topline » – la mélodie, les paroles et les « hooks » – est au cœur du succès d’une chanson. Défendre l’octroi de points ou de parts de bande maîtresse aux créatrices et créateurs, comme l’ont fait des leaders tels que Justin Tranter, permettrait d’assurer une rémunération équitable et la pérennité de ces carrières. Normaliser l’octroi de parts de la bande maîtresse aux créatrices et créateurs au cours des trois prochaines années garantirait une reconnaissance accrue de leurs contributions et un accès à des revenus bonifiés.
La SOCAN peut jouer un rôle clé pour aider les créatrices et créateurs à s’adapter à ces transformations, à obtenir des droits équitables et à prospérer dans un écosystème en rapide évolution. Cela permettra de faire en sorte que l’écriture de chansons demeure à la fois une démarche créative et une carrière viable.

